L'AC au Louvre, c'est parti !
L'AC au Louvre va-t-il de soi ?
Parlons-en ...
Peintre, présidente de l'association "Face à l'Art" depuis 2000, Marie SALLANTIN propose un débat sur ce blog.
Afin de préserver votre identité, utilisez des pseudos pour débattre librement.
Marie Sallantin :
« Beaucoup de gens ne se sentent pas concernés par la présence de l'art contemporain au Louvre . C’est normal car l’histoire de l’art n’est pas enseignée à l’école. Même les artistes se taisent. Dommage. Si le Louvre a été en effet la grande obsession de Matisse et de Picasso après les impressionnistes, le rapport aux chefs d’œuvre du passé s’est bien effiloché par la suite . Pourtant il pourrait renaître ! Un retour du balancier ? L’histoire de l’art y est coutumière. Quel danger ! Cela ferait obstacle au triomphe sans partage de LA MORT DE L’ART et comme on a tant dépensé en France d’énergie et de zèle pour en finir avec la peinture et le tableau sans toutefois être certain d’y arriver, alors Le LOUVRE S’OFFRE A L’ART CONTEMPORAIN, c’est-à -dire au ressentiment contre l’art sous ses formes diverses expérimentées depuis longtemps dans ses lieux attitrés (Beaubourg ou Tokyo pour citer les plus prestigieux). Dérision et cynisme, insignifiance et bêtise, vulgarité et provocation, paillettes et pub, fric et boniment, tout cela au nom de l’art comme il se doit !
Peintre et amie des peintres du passé, je manifeste mon attachement à ce grand musée en disant mon opposition à ce programme de destruction. Henri Loyrette, président du Louvre, en est le promoteur. Cela va-t-il de soi ? Ce serait bien ici de prendre un parti clair sur la question ». J’ai dit mon opinion. Elle n’engage que moi. Le débat est ouvert à l’expression de toutes sauf de ne prendre aucun parti. On y va ? »
M. S.
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MDA 2008
Pour information :
Sur le même sujet, les regards de Christine Sourgins (historienne d'art, écrivain, essayiste) :
in : les4verites
et de Gilles Chambon (architecte, peintre, urbaniste)
in : art-figuration.blogspot
21 commentaires:
Moi, l’expo Jan Fabre au Louvre m'a d’abord amusée.
J’avais voulu voir ce que faisait ce Monsieur au grand-père fictif ou pas ( pas bien compris ça, entre autre).
Ce qui m'a fait notamment revoir la galerie Médicis et ses Rubens...
Eh bien, le contraste est soufflant. Excitant.
Entre la galégeade foraine et le pompeux quasi pompier, je me suis trouvée devant deux cas limite. Un rapprochement réjouissant.
Ni la simplicité laborieuse de l’un, ni la célébration par l’autre d’une dondon couronnée, en bisbille avec son roi de fils, ni leur époustouflant sens de la mise en scène à tous deux, ne m’ont procuré de « plaisir artistique ».
Je n’en ai pas moins passé une soirée pleine de perceptions éclatées et de mini réflexions sur la pesanteur et la grâce…
Bref, un moment de nuit au Louvre assez inoubliable.
« Je voudrais sortir de l’Histoire » gémit en flamand le ver blanc et long à qui Jan Fabre a donné son visage douloureux. « Du passé faisons table rase » chantent d’autres. Qui n’a connu, même parmi les plus conservateurs, au moins un instant, et au moins dans sa vie privée, l’envie de repartir à zéro ? Par bonheur et malheur liés, il semble que ce soit impossible. Qu’on le veuille ou pas, aujourd’hui et hier ont partie liée.
Faire se heurter leurs images éclaire en partie notre complexité présente…
Béatrice Nodé-Langlois, peintre et écrivain.
www.beatricenodelanglois.com
beatricenl@free.fr
Le 22 avril dernier, Jan Fabre réalisait une performance au Louvre.
Carla van der Rohe et Françoise de Céligny en étaient spectatrices ce soir là.
Elles nous racontent :
http://maviedecriture.over-blog.com/article-19054313.html
http://carla-van-der-rohe.blogspot.com/2008/04/une-performance-verbaet-au-musee-du.html
pour accéder directement aux adresses données par Lydie :
MA VIE D’ECRITURE (Françoise de Céligny)
et
CARLA VAN DEN ROHE
Oui d'accord pour l'envie de recommencer sa vie en privé, mais quand c'est dans le domaine public, imposer le "repartir à zéro"....mmm
La pétition sur le site des 4 vérités suit son cours, c’est pas désagréable de lire certains commentaires, d’entendre certaines voix qui s’étaient tues depuis belle lurette et que l’invasion de Fabre au Louvre, soutenue et encouragée par les officiels, a réveillé. Un peu ça va, trop c’est trop. La ligne blanche a été franchie.
Bof, pour ce que j'ai en savoir (photos et commentaires divers ) ce n'est Que de la gesticulation foraine.
Pas plus.
Louise B.
En réponse à la remarque de Louise B je cite Christine Sourgins, : "Cette atteinte à l’aura de l’œuvre n’est pas un dégât collatéral, c’est le but de la manœuvre. Le Louvre, qui veut faire valser ses collections, d’Abou Dabi à Vérone, pour qu’elles rapportent. Il nous dit ainsi : « Ce que vous vénérez comme des œuvres insignes de l’esprit ne sont que de vulgaires brimborions. Pour peu que vous les regardiez avec Fabre d’un œil « contemporain », ce sont donc des marchandises comme les autres, que nous avons bien raison de commercialiser…». Il y a là une manipulation psychologique dont l’AC est coutumier." Simple gesticulation foraine??
atilane@orange.frEt si tous ces problèmes étaient du même genre que ceux dénoncés par l'A.R.I.P.A.???
http://www.aripa.org/pdf/Nuances38-39.pdf
Faire circuler ce débat sur le réseau de l'A.R.I.P.A et celui des amis du musée du Louvre? Que dit La Tribune de l'ART?
Après avoir lu le communiqué de presse rédigé par la direction de la communication et de la promotion du Louvre, j’en ai retenu trois extraits :
« La cohérence du dialogue instauré entre Jan Fabre et les maîtres
anciens, dont il se sent l’héritier, ainsi que le choix des
interventions proposées, donnent aux oeuvres du Louvre une
force et un mystère chargés de nouvelles significations. »
Voilà le type de phrase qui parle de tout mais ne dit rien…
Je pars donc à la recherche de cette « force et de ce mystère chargés de nouvelles significations » qui m’ont à priori échappés.
« L’artiste incarne un martyr, tué par le talent de ses
prédécesseurs et sacrifié au nom de l’art.
Les dessins au sang de Jan Fabre (My body, my blood, my
landscape) font écho à la cruelle boucherie qu'est le Retable de
Saint-Denis d'Henri Bellechose. Par cette pratique, il retrouve la
violence et la douleur que l'on peut observer dans de nombreux
tableaux français et flamands, lors du développement de la
devotio moderna. »
Une première « nouvelle signification » peut-être ? « Celle de faire écho »
« Enfin, Jan Fabre installe deux oeuvres qui se complètent : son
film Le Problème, avec les deux philosophes allemands Peter
Sloterdijk et Dietmar Kamper, et son oeuvre Le Bousier. La
sphère en élytre de scarabée posée sur le matelas est à l’image
de la boule que poussent les personnages du problème et
rappelle les perles ornant la robe de la reine dans le tableau de
Frans Pourbus, les reflets irisés des scarabées-bijou, la
splendeur des tissus. »
Une seconde, pertinente aussi : « rappeler les perles et la splendeur des tissus » grâce aux « reflets irisés »
N’est ce pas un peu léger tout ça pour prétexter « de la cohérence du dialogue » ?
Sortis de leur contexte, on pourrait attribuer ces trois extraits aux imminents critiques d’art qui végètent dans « J’apprend l’aquarelle en dix leçons »
Dans l'imminence d'une catastrophe, les éminents critiques d'Art qui végètent dans l'aquarelle...
Une couleur soluble dans l'eau...
Soluble? On aimerait bien mais on attend toujours. Au contraire! C'est de plus en plus bétonné avec le temps... rester au balcon contribue à retarder l'émergence d'une alternative, alors que nombreux sont ceux qui font le diagnostic d'une impasse, celle d'une culture sous tutelle de l'Etat.
L'ETAT est incompétent pour fabriquer des artistes! L'histoire est riche de ses ratages. Qu'il s'en aille donc ... on est las!
À quoi sert l'exposition Jan-Fabre au Louvre ?
En observant les réactions à l'exposition de l'artiste belge Jan Fabre au Louvre, on note colère, lassitude et incompréhension. C'est un signe de succès puisque l'exposition est un dispositif élaboré dans ce but. Le scandale, on le sait, fait partie du plan de com'. On ne fera pas ici l'analyse du concept "Jan-Fabre-au-Louvre", conçu comme une machine de guerre, « bienfaitrice » au dire des organisateurs, pour stupéfier le public. On posera seulement la question : À quoi sert l'exposition Jan Fabre au Louvre ?
VOIR LA SUITE sur “Liberté politique”
La conclusion d'Aude de Kerros est en effet accablante pour l'administration du Louvre. La voici "L'Amérique avait agi dans le sens de ses intérêts bien compris à l'époque en dévalorisant le « grand art » européen. Ne faut-il pas au contraire, dans une perspective longue, et dans notre propre intérêt, magnifier notre patrimoine et le sanctuariser afin que l'on vienne de partout en sachant que les oeuvres sont là, dans leur contexte, là et nulle part ailleurs ?"
Non seulement c'est avec trente ans de retard que la France suit l'exemple américain dont l'échec est avéré, mais en plus c'est pour laminer l'excellence de notre pays...vive l'ENA!
Confronter deux époques, mettre face à face des oeuvres anciennes et contemporaines, pourquoi pas.
Ce principe "artistique" dure depuis 39 ans (1969 à New-York), il est devenu système politico-financier.
Sans concertation publique (mais avec l'argent publique) ni démocratique et sous prétexte de démocratisation de l'art, on installe des grandes pointures contemporaines dans les musées anciens ou dans quelque joyaux du patrimoine, ça amuse la galerie.
Pendant ce temps - là, on fait affaire en louant ou vendant des oeuvres parfois majeures de notre patrimoine.
Tout comme aux Etats-Unis, il y a 40 ans, les conservateurs français ont sonné l'alarme, ont fait pétition.
Mais de plus en plus, l'art est entre les mains des Enarques et de moins en moins entre celles des conservateurs scrupuleux et considérés comme aigris aujourd'hui.
Merci Stephan Beyst pour votre article qui raconte si bien la mégalomanie mal contrôlée de Jan Fabre.
Demain, je pars à la redécouverte du Musée du Louvre.
Des oeuvres choisies seront commentées par des artistes contemporains (aussi)et adhérents à l'association La Maison des Artistes.
Rendez - vous à 19H00 au Louvre,
A bon entendeur, à demain!!
Lydie
Quand on met en vis à vis l'expo Jan fabre au Louvre et l'accrochage "Big-bang" d'il y a qqs années à beaubourg, on voit un fil rouge qui les traverse avec une certaine rigueur.
Mettre la croix rouge de Beuys, comble de la figuration,celle des ambulances, celle qui soigne et sauve, à côté de la croix de Malevitch, comble de l'abstraction, c'est mettre en avant leur plus petit dénominateur commun, et les vider de leur impact et de leur sens.
Même chose pour la présence d'une sculpture en bronze "faite-main" de De kooning à côté d'une oeuvre en alu et "usinée" de (si mes souvenirs sont bons) JM Othoniel, gomme les caractéristiques de chacune d'elle et les neutralise dans le meilleur des cas, mais les rend surtout un peu pitoyables et ridicules. Il n'y a pas de faute professionnelle là-dedans contrairement aux apparences (un étudiant en Art plastique n'aurait pas ses diplômes en présentant un tel projet), mais une volonté très claire de brouiller toute visibilité , de supprimer toute différence et de faire que tout paraisse le plus équivalent possible. Dans quel but?
La réponse me parait simple: faire en sorte que personne ne s'y retrouve plus et relativiser la responsabilité des fonctionnaires successifs de la DAP, qui, depuis 81 ont fait disparaître la France de la scène artistique mondiale, et, ce, définitivement (çà ne s'est jamais vu dans l'histoire qu'un pays retrouve sa place après l'avoir perdue).
C'est vraiment un débat intéressant et j'apprends bien des choses! Je découvre que mon inquiétude est partagée par des artistes! Je m'en réjouis. Tout n'est pas perdu Pierre-Marie. Ce débat ouvre d'abord vers des articles de fond. Cliquer sur les liens permettent d'aller plus au fond de la question et de mesurer les enjeux. On ne pourra plus dire "On ne savait pas!". Effectivement il semble à première vue que tout soit fait pour que nous soyons convaincus de l'inutilité d'en parler ou d'agir. Que nous soyons persuadés que c'est une tendance mondiale inéluctable. Pourtant rien n'est plus faux sinon le départ de Thomas Krens de la direction du musée Guggenheim , celui qui a inventé le commerce de la marque Guggenheim, exemple lamentable suivi par Le Louvre 40 ans après, n'aurait pas provoqué outre atlantique un soulagement repris par la presse. Ainsi la journaliste Kate Taylor du NY Sun du 29 février 2008 écrit "Ms. Stockman said that the board is not looking for someone to expand the museum's global network further. "We want to get back to our mission of being first and foremost an art museum," she said. Jennifer Stockman est la présidente de la fondation Guggenheim. Il y aurait donc moyen de faire marche arrière, de reconnaître ses erreurs? C'est encourageant pour l'opportunité d'un tel débat en France!
Continuons alors d'en parler et d'informer alentour. Que fait La Tribune de l'Art en effet bien silencieuse.....qu'attendons-nous pour réagir?
Masaccio m'appartient, Rubens m'appartient, Poussin m'appartient, Gauguin m'appartient. Les grands peintres appartiennent à l'humanité pas au caprice d'un fonctionnaire oublieux de sa mission. Allez, rien n'est perdu!
Stefan BEYST a dit...
Jan Fabre au Louvre:
« Souiller les murs du temple sous les auspices d’une reine »
lire l'analyse détaillée sur le site de Stefan BEYST
Blablablablablablabla...
Blabla, oui.
Mais justement, ce qui est gênant, finalement, c’est qu’il soit nécessaire qu’un « blabla » accompagne, que dis-je, supporte le « travail » de M. Fabre.
Ce travail (horrible expression, ce mot même est déjà du blabla) est ce qu’il est, pas pire ou pas plus vain que bien d’autres, contemporains ou non – les pauvretés préraphaélites ou salonnardes du XIX ème, par exemple. Il pourrait même parfois être intéressant sans l’insupportable prétention teintée de scatologie de l’auteur. La qualité du travail laisse aussi à désirer : les éléments d’armures sentent le décor de théâtre, et on peut se demander ce qu’elles fichent là. Du remplissage à la va-vite, dirait-on. « Occuper l’espace », quoi.
Par ailleurs, oui, comme EDF ou la SNCF, le Louvre appartient au Peuple français (allez, aux peuples du monde si l’on verse dans l’œcuménisme béat) et non à quelques énarques cultureux qui atteignent à cette suffisance qui coûtât la tête à tant d’aristos
Pour finir (?) en beauté cette discussion (et je remercie les participants !) je vous livre cette réflexion de Michel Schneider tiré de l'ouvrage collectif "L'art d'aujourd'hui" p. 83 éditions du Félin, septembre 1993
"Il n'y a, dit il, et il ne doit pas y avoir une politique de l'art.
Une politique de la conservation de l'art, oui;
une politique de l'enseignement, bien sûr;
une politique des professions artistiques, évidemment.
Mais pas une politique de la création.
Les politiques, l'État n'ont rien à voir avec les enjeux, les valeurs, les tendances de l'art. Je ne connais pas de régimes qui aient politisé la question de l'art, ou esthétisé la question du politique, sans avoir été finalement totalitaires."
Comme on voit, quinze années ont passé et le Louvre s'ouvre à l'Evénementiel, au très art com', pour soi-disant rapprocher le public de l'art vivant. Est-ce digne d'une politique de conservation ? La prévision d'Andy Warhol (les musées deviendront des grands magasins, et les grands magasins des musées) est en bonne voie de réalisation, grâce à l'interventionnisme de l'État au nom de l'art. "C'est ce que Musil appelle l'État entremetteur, ajoute Michel Schneider. Le souteneur n'est jamais désintéressé."
Merci et bonne fin d'été à vous !
Marie
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